
Education, salaires, budgets d'austérité, services publics, industrie... En Haute-Loire comme dans le reste de la France, les colères restent fortes. Ce mardi 13 octobre, 700 manifestants ont défilé dans l'unité au Puy pour réaffirmer l'urgence de répondre aux revendications du monde du travail et de la jeunesse.
De l'argent pour nos revendications, il y en a plein le CAC 40
L'intervention de Pierre Marsein pour la CGT
Depuis deux semaines, ce qui se passe dans ce pays est historique. Des centaines de milliers de lycéennes, lycéens, étudiantes et étudiants sont dans la rue. Et ils ne sont pas seuls. Ils sont soutenus par leurs profs, par leurs parents, par les salariés, les retraités, les chômeurs. C'est pour cela que la CGT 43 a décidé en AG d'appeler à la grève et manifester aujourd'hui, c'est pour cela que la CGT soutiendra toutes les mobilisations qui seront prévues, y compris si c'est un samedi. Nos confédérations, en intersyndicale, ont décidé d'être aussi en grève début novembre.
Il y a quelque chose de profondément vertigineux dans les images qui nous parviennent depuis plusieurs jours : des adolescents face à des cordons de CRS, 5 000 personnes interpellées, essentiellement des lycéennes et des lycéens, près de 250 jeunes et professionnels blessés aux abords de leurs établissements scolaires, parfois très gravement, des procureurs dont le ministre exige une réponse pénale « ferme ».

Prenons un instant pour mesurer ce que cela signifie :
Nous parlons de lycéens et étudiants, pour l’essentiel de mineurs. De jeunes qui, depuis plusieurs jours, disent leur colère face à des classes surchargées, au manque d’enseignants, à la dégradation de leurs établissements, à la sélection sociale et à l’angoisse de leur avenir. D’une mobilisation qui s’ancre et qui réussit le tour de force de rassembler les lycéens de quartiers populaires, de centres-villes et de territoires ruraux. De jeunes qui demandent une chose : l’école de la République. L’école de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.
Plutôt que de se demander pourquoi une génération qui n’a pas encore quitté le lycée est descendue dans la rue, le gouvernement cherche qui serait derrière elle. Plutôt que de répondre à ses revendications, Matignon parle d’« instrumentalisation », de « violences urbaines », de « groupuscules », voire de « proxy d’ultra-gauche ».

Le vocabulaire du maintien de l’ordre a pris le pas sur celui de l’Éducation nationale. Les stratégies politiciennes sur l’intérêt général.
C’est une erreur politique majeure. Car lorsqu’un pouvoir répond à une colère sociale par la force avant même d’avoir répondu à ses causes, il ne rétablit pas l’ordre. Il fabrique de la colère et prend le risque de la rendre incontrôlable. Il faut le dire clairement : ce qui se passe aujourd’hui est grave. Très grave.
Cette mobilisation couvait depuis des années. Rarement les conditions de vie et d’études des jeunes auront été aussi dégradées. Explosion du nombre d’élèves par classe et par amphi, enseignants non remplacés, bâti scolaire dégradé et totalement inadapté au réchauffement climatique, remise en cause de la liberté d’accès à l’enseignement supérieur avec Parcoursup, véritable machine à broyer l’avenir, augmentation du coût de la vie et dégradation des revenus de leurs parents…

Surtout, les lycéens nous renvoient en miroir l’absurdité des perspectives que nous leur offrons. Alors que les conséquences du dérèglement climatique sont chaque jour plus palpables, la classe dirigeante fait l’autruche et nous continuons à polluer, comme si de rien n’était. Alors que les concepteurs mêmes de l’IA parlent d’un risque majeur pour l’humanité, aucune initiative sérieuse de régulation n’est prise. Alors que nous assistons en direct à un génocide en Palestine, le gouvernement israélien continue à tuer en toute impunité…
La génération qui passe le bac cette année est rentrée au CP en 2015 et a été préparée aux intrusions dans les classes et au risque attentat. Elle a quitté l’école primaire et est rentrée au collège sous confinement en apprenant la distanciation sociale et les cours en ligne. Elle est entrée au lycée avec le changement des règles du jeu du bac, l’évolution des épreuves et la pression de Parcoursup.
Elle a vécu la multiplication des stages, en troisième et en seconde, la sélection sociale et les accidents, parfois mortels, qui vont avec. Et elle est marquée par une santé mentale très dégradée. 20 % des lycéens disent avoir eu des pensées suicidaires ! Cette génération a grandi avec la crise climatique, le terrorisme, le Covid, les guerres, et désormais la perspective d’un monde du travail bouleversé par l’intelligence artificielle. Nous ne pouvons pas leur demander de porter toutes les incertitudes du monde tout en leur retirant les moyens de construire leur avenir.

Ce qui se joue dépasse largement la question des lycées : quel message envoyons-nous à une génération si nous lui apprenons que se mobiliser est dangereux ? C’est précisément le contraire de ce que devrait être la République.
Le gouvernement doit cesser de souffler sur les braises.
Leur permettre d’exercer leur droit fondamental à manifester et à exprimer leurs revendications. Les recevoir au ministère et dans les rectorats pour recenser leurs demandes et examiner les moyens d’y répondre.
Renoncer à supprimer 1 588 postes d’enseignants, créer des postes de CPE, d’infirmières et d’assistantes sociales, débloquer une enveloppe pour isoler et rénover les établissements scolaires… Et supprimer Parcoursup.

Cela nécessite d’accepter de revoir la copie du prochain budget. Renoncer à supprimer 1 588 postes d’enseignants, créer des postes de CPE, d’infirmières et d’assistantes sociales, débloquer une enveloppe pour isoler et rénover les établissements scolaires… Et supprimer Parcoursup.
Contrairement à ce que nous dit le gouvernement, de l’argent il y en a ! 61 milliards d'euros distribués aux actionnaires des entreprises du CAC 40 entre avril et juin. Un record en Europe. De l'argent pour nos revendications, il y en a plein le CAC 40 allons le chercher !

Nous exigeons :
- L'abandon du projet de budget de l'Etat et de la Sécu 2027. C'est un budget d'austérité.
- La satisfaction de toutes les revendications des lycéens et des étudiants et l'abandon de Parcoursup. Nous voulons la défense des diplômes et des qualifications pour tous les jeunes !
- La réouverture des lits dans les hôpitaux, l'embauche massive de personnels, la rénovation de tous les établissements publics et leur protection face à la canicule !
- L'augmentation de tous les salaires, du SMIC, des pensions !
- La défense de la Sécurité Sociale financée par les cotisations.
Tous ensemble, continuons à nous mobiliser sur toutes les dates à venir !





