La retraite en danger, tous concernés !


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Le Progrès, 23/01/15

Transport. Fermeture de lignes, de guichets, route préférée au rail… Pour les cheminots, les sujets qui fâchent sont nombreux. À tel point qu’ils ne vont pas tarder à le faire savoir en menant différentes actions.

Jeudi matin, au Puy-en-Velay, les cheminots CGT étaient réunis en assemblée générale. L’occasion pour le secrétaire général local Xavier Bousset et Gilbert Garrel, secrétaire fédéral national, de faire part de leurs craintes quant à l’avenir du rail en France et de l’impact que cette disparition pourrait avoir sur les territoires ruraux.

En chœur, ils déplorent que depuis janvier 2015 la SNCF n’existe plus mais soit dispersé dans plusieurs entités distinctes : les EPIC (Établissement public, industriel et commercial) qui gèrent séparément travaux et gestion des réseaux, voyageurs et fret. Tout cela dans le cadre de la refonte du système ferroviaire. Pour les cheminots CGT, « l’éclatement soulève plusieurs problèmes de coordination dans la réalisation du travail des cheminots. Quelle unité avons-nous aujourd’hui ? » interrogent-ils.

« Au nom du service public pour tous »

Plus largement, l’avenir du chemin de fer en France et dans des territoires comme l’Auvergne interroge. Les cheminots déplorent les fermetures de lignes, les ralentissements et les retards qui s’accumulent.

On craint quant à l’avenir des trains dits d’équilibre du territoire, (Aubrac, Cévenol…) qui seraient menacés, toute comme les lignes transversales (Lyon/Bordeaux ; Nantes/Marseille) qui selon les cheminots seraient sur la liste des suppressions.

Concernant le projet préconisé par la loi Macron de remplacer les trains par des cars, les cégétistes ne veulent pas en entendre parler. Selon eux, on doit agir « au nom du service public pour tous, et pas seulement au service des métropoles à forte demande ! ».

La fermeture de gares et des guichets est montrée du doigt, tout comme la suppression des postes de contrôleurs, « on devient des territoires de seconde zone ! ».

Quant aux phénomènes de fermeture, ils sont récurrents depuis 1995 « mais là ça s’accélère ».

Des actions au programme

À la CGT cheminots, le vent de colère se traduira rapidement par des actions. Jeudi prochain, ils seront à Paris pour une manifestation nationale. Une action large de sensibilisation est programmée entre la mi-février et la mi-mars. « Il s’agira d’alerter les usagers et les pouvoirs publics de la situation dans les gares, sur les marchés et autres lieux publics. L’objectif est d’aller à la rencontre des usagers pour expliquer ce qu’il en est ».

Autre point évoqué : la route, trop souvent préférée au rail, malgré son coût. « On nous dit qu’on veut réduire les gaz à effet de serre mais on privilégie la route ! ». Plus largement, les cheminots se disent « inquiets pour l’avenir de l’industrie ferroviaire, un fleuron Français, qui risque de perdre de nombreux emplois ».

Gérard Adier