La retraite en danger, tous concernés !

urgences emile roux 17062019

Un mouvement de grève du service des Urgences a débuté le 17/06/2019 à Emile Roux au Puy-en-Velay pour l'amélioration des conditions de travail des soignants et de prise en charge des patients. Il se poursuit faute de réponses satisfaisantes de la direction aux légitimes revendications de l'équipe paramédicale.

 

Suite aux différents communiqués de presse de M. le directeur du Centre Hospitalier Émile Roux, l’équipe paramédicale du service des Urgences souhaite apporter quelques précisions. L’équipe ne retrouve pas sur le terrain les informations avancées :

La direction prétend que « Le nombre de médecin a été doublé ».

En effet, le nombre de médecins a simplement été réévalué aux vues de l’augmentation du nombre d’entrées (42159 en 2018 contre 29 000 en 2010) soit un poste médical de plus la journée et un demi-poste la nuit (00h à 8h30), afin de renforcer l’effectif et couvrir un deuxième départ SMUR. Actuellement, il est fréquent que ce poste de nuit soit inoccupé par manque de ressources médicales.

La direction prétend que « Le nombre d’infirmiers a également été augmenté de 40 % »

En réalité, suite au passage en 12h et aux recommandations nationales, nous avons eu 6h de temps infirmier de plus par jour et un infirmier la nuit au poste d’accueil. (Nous sommes passés de 31,2 équivalent temps plein à 34,4 équivalent temps plein… On est loin du compte !)
Pour rappel, l’effectif des urgences la journée est composé de 6 infirmiers répartis comme suit :
3 Infirmiers aux Urgences la journée + 1 IOA (Infirmier d’Orientation et d’accueil) + 2 infirmiers SMUR (Ces 2 derniers étant en renfort aux Urgences uniquement lorsqu’ils ne sont pas en intervention).
1 poste aide-soignant supplémentaire de jour a été attribué à notre service en 2018 pour travailler avec l’IOA.
Quant à la nuit nous avons un effectif de 4 infirmiers au total sur les postes suivants : 2 aux Urgences + 1 IOA + 1 infirmier de SMUR pouvant potentiellement être absent de l’effectif s’il est appelé en intervention.
A cela on rajoute le départ de l’agent administratif à 21h, ce qui représente une charge supplémentaire de travail à l’équipe restante.
L’infirmière d’accueil fait partie des recommandations nationales auxquelles les hôpitaux doivent se soumettre pour atteindre les normes préconisées lors des certifications.

La direction prétend qu'il y a « Un agent administratif en poste jusqu’à minuit contre 21h »

A partir de 21h15, notre service des Urgences se retrouve sans personnel administratif ce qui en effet veut dire que ce sont les infirmiers ou aide soignants qui doivent faire toute cette partie administrative parfois très prenante jusqu’à minuit….
Nous sommes le 10 juillet, l’été est bien avancé et toujours pas de poste administratif au Bureau des entrées, comme annoncé par le directeur dans son communiqué de presse du samedi 6 juillet.
L’infirmier d’accueil est toujours en difficulté à partir de 21h 15, seul pour faire les tâches administratives (relevé de mutuelle, lecture de carte vitale, …) et l’accueil des patients ce qui représente une charge supplémentaire très importante.
Et qu’en sera-t-il après l’été ?

La direction rappelle qu'« en 2018 1,3 million d’euros ont été mis sur la table »

Tous les postes créés (toutes catégories confondues) sont financés par l’augmentation permanente du nombre d’entrées aux Urgences par la facturation des consultations et des hospitalisations aux Urgences (ZHTCD). Une suppression des postes octroyés début 2018 a été de nombreuses fois utilisée comme moyen de pression auprès de l’ensemble du service en cas de rentabilité insuffisante (facturation).

La direction dit "avoir accéléré l’arrivée de l’échographe pour 30 000 euros »

L’équipe a pleinement conscience de l’investissement opéré, très utile pour améliorer la prise en charge médicale des patients.
Mais cette mise en avant, ne doit pas faire oublier le manque quotidien de matériel de base pour l’accueil du patient (couvertures, oreillers, brancards, …).

La direction précise qu' « Au niveau matériel, une porte de sécurité renforcée et une vidéo surveillance ont été installées »

Ces moyens de sécurité n’empêchent pas la violence à l’égard de l’équipe soignante.
Même au Puy en Velay nous faisons face quotidiennement à des individus violents et des situations à risques …
Pour exemple, dimanche dernier, une collègue a été blessée suite à la prise en charge d’un patient agressif. Cette dernière a eu 10 jours d’arrêt de travail dont 2 jours d’ITT tout ceci sans compter le préjudice moral.
De nombreux faits de violence ont récemment été relatés dans les médias, l’ensemble des protagonistes ont été pris en charge aux Urgences du Puy-en-Velay.

La direction annonce qu'elle va « demander que le médecin de nuit soit appuyé par 2 internes »

Les manifestations estivales arrivent, comme les nuits de Saint-Jacques, où il y aura 1 médecin de moins aux Urgences. Sur proposition du directeur il sera remplacé par 1 interne! (Habituellement un interne de nuit est déjà compris dans l’effectif de nuit).
N’oublions pas que ces derniers sont en formations et doivent être encadrés par un médecin.
Il y a aura donc 1 seule équipe SMUR de disponible pour couvrir tout le secteur étendu sur lequel nous intervenons.

Pour la direction « On ne peut pas dire oui à tout »

Nous avons débuté le 17/06 un mouvement de grève dans une démarche d’amélioration de nos soins auprès des patients, selon nos valeurs et convictions.

Effectivement, Mr le Directeur nous ne voulons plus dire OUI à une prise en charge des patients dans l’état actuel, nous voulons pouvoir soigner nos patients qui sont au cœur de nos priorités avec humanité et dignité.

Dans le cadre de notre mouvement de grève nous avons eu une écoute attentive de la part de l’Agence Régionale de Santé ainsi que de nos députés Mr Vigier et Me Valentin, nous attendons leur retour.

Nous sommes tout à fait d’accord, Monsieur Le Directeur, ON NE PEUT PLUS DIRE OUI A TOUT.

L’équipe paramédicale des Urgences
Membre du Collectif Inter Urgence
Mouvement soutenu par l’intersyndicale FO - CGT - CFDT

Crédit photo : DR / CGT Emile Roux